Noël : un menu étoilé pour les astronautes de l’ISS !

Poulet Thaï au curry, saumon d’Alaska et sa crème au citron vert… voici quelques-uns des plats préparés par le chef étoilé londonien Heston Blumenthal pour le tout nouvel arrivant sur l’ISS, l’astronaute britannique Tim Peake.

Alain Ducasse, chef multi-étoilé français, a développé depuis 2006 une trentaine de recettes exclusivement  à destination de l’espace, en partenariat avec le CNES. Pour lui : « Les astronautes sont contents de pouvoir accompagner les temps forts de leur mission par un plat spécial ». Mais c’est depuis 1996 qu’est née la gastronomie spatiale à l’initiative du cuisinier R.Filippi. Ses portions compactées dégustée dans la station MIR eurent un succès immédiat. Sa carte s’est ensuite élargie : entre autres, rôti de veau au miel, cailles au madiran, thon au citron confit.

Évidemment, la nourriture spatiale doit respecter quelques contraintes, en particulier au niveau de la sécurité sanitaire (une intoxication alimentaire à bord pourrait occasionner de graves dégâts, et Ducasse stérilise ses mets à 120°C pendant 40 minutes, sous une pression très élevée), mais aussi de la consistance : Lionel Suchet, directeur adjoint du CNES à Toulouse, nous explique : « Il ne faut pas que la nourriture soit trop sèche et que les miettes puissent s’échapper, car elles risqueraient d’être inhalées par un astronaute. Il ne faut pas non plus qu’elle soit trop humide, car le liquide pourrait occasionner des dégâts, par exemple des courts circuits ». Pour finir, le chef français nous précise également que la langue perçoit différemment les saveurs dans l’espace. « Nous corsons le goût des recettes en modifiant les assaisonnements ».

Ces repas restent exceptionnels et loin d’être un luxe inutile, ils constituent un réel soutien psychologique. Ils permettent de réunir l’équipage lors d’événements à célébrer comme les fêtes dans ce cas précis, ou une sortie extravéhiculaire. Sur les missions de longue durée en particulier, il faut casser la monotonie des repas, souvent identiques et peu originaux. Des plats plus subtils, dits de « gastronomie spatiale », sont alors introduits à ces occasions.

D’une manière générale, la nourriture embarquée doit répondre à d’autres impératifs comme l’équilibre des apports nutritifs, l’équilibre des saveurs… atrophie musculaire, déficience du système immunitaire, problèmes cardio-vasculaires et décalcification sont les risques encourus si les plats ne sont pas correctement équilibrés. Une alimentation saine limite le stress, et contribue également au maintien de bonnes relations au sein de l’équipage. Le tout étant limité, bien-sûr, en fonction des contraintes de capacité de stockage !

La question de l’alimentation dans l’espace se pose aussi à plus long terme. L’Esa envisage des cultures sur le sol martien, en profitant des ressources naturelles de la planète rouge : dioxyde de carbone, lumière naturelle, alternance de jours et de nuits…
8 plantes sont sélectionnées et quelques recettes, dont les gnocchis de pomme de terre à la spiruline, sont déjà au point.

Nous souhaitons un excellent repas de Noël à tous nos lecteurs qui ont la tête dans les étoiles !

4 photos des repas dans l’espace et de leur préparation (crédits CNES/ESA/NASA) :

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